Vierge

M49


Galaxie Elliptique M49 (NGC 4472), type E4, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 29,8 (h:m)
Déclinaison +08 : 00 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 8,4 (visuelle)
Dimension apparente 9x7,5 (min. d'arc)


Découverte en 1771 par Charles Messier.

La galaxie elliptique M49 fut le premier membre de l'amas de la Vierge découvert par Charles Messier qui le rentra dans son catalogue le 19 février 1771. C'est aussi la seconde découverte de galaxie au-delà du Groupe Local, après celle de M83 par Lacaille.

Huit ans plus tard, le 22 avril 1779, alors qu'il poursuivait l'observation de la comète visible cette année là, et engagé dans la chasse en vue de trouver de nouveaux objets nébuleux, en compétition avec d'autres observateurs, Barnabas Oriani redécouvrit cette "nébuleuse" indépendamment. Dans son Bedford Catalogue de 1844, l'Amiral William H. Smyth confondit cet objet avec la découverte de Messier, d'où sa remarque erronée : "cet objet a été découvert par Oriani en 1771". Cette erreur fut reprise par John Herschel dans son General Catalogue de 1864 (GC) où l'on retrouve la mention "1771 Oriani", puis également par J.L.E. Dreyer dans le NGC.

M49 est l'une des plus brillantes galaxies de l'amas de la Vierge avec sa magnitude de 8,5 correspondant à une magnitude absolue de -22,8 environ pour une distance estimée à 60 millions d'années-lumière. C'est une des galaxies elliptiques géantes de ce grand amas (avec M60 et M87), classée de type E4 dans le diagramme de Hubble. Son extension de 9x7,5 minutes d'arc correspond à un ellipsoïde dont la projection du grand axe serait proche de 160 000 années-lumière, c'est dire qu'il s'agit vraiment d'un gros ellipsoïde (mais nous ne connaissons pas l'extension réelle suivant notre ligne de vue, pas plus d'ailleurs que l'orientation spatiale des axes). Des estimations plus anciennes avaient proposé une masse supérieure à celle de sa géante voisine M87, mais aujourd'hui on considère que cette dernière est beaucoup plus dense. De type spectral intégré G7 avec +0,76 comme indice de couleur, elle est plus jaune que la plupart des galaxies de l'amas de la Vierge. Une exposition plus longue montre un système d'amas globulaires, cependant moins fourni que celui de M87 et plus comparable à celui de M60. Selon la source W.E. Harris' list, cette galaxie contient un système de 6 300 +/- 1 900 amas globulaires.

La faible nébulosité près de l'étoile brillante dans le haut droit est probablement un petit et pâle compagnon, qui apparaît aussi sur le cliché DSSM (mais tenir compte du fait que les images sont inversées). Sur cette photo on peut voir aussi beaucoup d'autres faibles compagnons, parmi lesquels la galaxie particulière NGC4470, relativement brillante (de magnitude photographique 13). L'étoile en premier plan a été mentionnée en premier par John Herschel ; du fait de sa magnitude 13 elle pourrait être prise pour une supernova par un observateur peu familiarisé avec l'apparence de cette galaxie.  


M58


Galaxie Spirale M58 (NGC 4579), type SBc, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 37,7 (h:m)
Déclinaison +11 : 49 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,7 (visuelle)
Dimension apparente 5,5x4,5 (min. d'arc)


Découverte en 1779 par Charles Messier.

M58 est l'une des 4 galaxies spirales barrées du catalogue de Messier (les autres étant M91, M95,et M109), quoiqu'elle soit parfois classée comme intermédiaire entre normale et barrée (par exemple dans le Nearby Galaxies Catalog de R. Brent Tully). Elle fait partie des galaxies les plus brillantes de l'amas de la Vierge.

Charles Messier découvrit M58, ainsi que les galaxies elliptiques apparemment voisines, M59 et M60, alors qu'il suivait la comète de 1779, et la rentra dans son catalogue le 15 avril 1779. C'est l'une des toutes premières galaxies spirales reconnues comme telles, également citée par Lord Rosse comme faisant partie des 14 "nébuleuses spirales" découvertes en 1850.

Dans un petit instrument elle ressemble aux galaxies elliptiques de l'amas de la Vierge, laissant voir seulement son noyau brillant. Si les conditions sont bonnes, un instrument de 10 cm (ou plus) permet de distinguer un halo d'inégale brillance, avec des condensations qui semblent coïncider avec les régions lumineuses des bras spiraux. A partir de 20 cm un télescope peut laisser deviner la barre de M58 comme une "extension du noyau central dans la direction EW" (Kenneth Glyn Jones). 

M59 et M60


Galaxie Elliptique M59 (NGC 4621), type E5, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 42,0 (h:m)
Déclinaison +11 : 39 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,6 (visuelle)
Dimension apparente 5x3,5 (min. d'arc)


Découvert en 1779 par Johann Gottfried Koehler.

M59 est une galaxie de l'amas de la Vierge, et figure parmi les grandes elliptiques de cet ensemble quoique beaucoup moins lumineuse et massive que les plus grandes, M49, M60 et, surtout, M87. Elle est nettement oblongue : différentes sources lui attribuent une ellipticité de E3-E5 (l'auteur de ces lignes l'estime à E5, ce qui veut dire que le grand axe est à peu près le double du petit, mais nos valeurs pour sa dimension sont plus proches de E3). A la distance généralement admise de 60 millions d'années-lumière, son grand axe de 5 minutes d'arc correspond à une extension linéaire de presque 90 000 années-lumière. Selon l'ouvrage de W.E. Harris'list, M59 contient un système de 1 900 (+/- 400) amas globulaires, soit beaucoup moins que les trois géantes mentionnées ci-dessus, mais d'un ordre de grandeur en magnitude supérieur à celui de notre Voie Lactée.  

Galaxie Elliptique M60 (NGC 4649), type E2, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 43,7 (h:m)
Déclinaison +11 : 33 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 8,8 (visuelle)
Dimension apparente 7x6 (min. d'arc)


Découverte en 1779 par Johann Gottfried Koehler.

M60 est l'une des galaxies elliptiques géantes de l'amas de la Vierge. Etant la plus à l'Est, elle se trouve dans le catalogue de Messier comme la dernière d'une série de trois (M58, M59, et M60), qui apparaissent successivement dans le champ d'une lunette pointée sur cette région du ciel. A faible grossissement elle se trouve dans le même champ que M59 (à 25 minutes d'arc plus à l'Est).

M60 a été découverte, ainsi que sa voisine M59, par Johann Gottfried Koehler le 11 avril 1779, alors qu'il suivait la comète visible cette année-là. Elle fut trouvée de manière indépendante un jour plus tard par Barnabus Oriani (lequel manqua M59), et quatre jours plus tard, le 15 avril 1779, par Charles Messier, qui trouva aussi M58 toute proche. Messier décrivit M60 comme "un peu plus apparente que les deux précédentes".

A la distance de quelque 60 millions d'années-lumière, son diamètre apparent de 7x6 minutes d'arc correspond en linéaire à 120 000 al. Des instruments d'amateurs ne permettent cependant de voir que sa brillante région centrale de 4x3 minutes d'arc. Sa magnitude visuelle apparente de 9 en fait une brillante galaxie de magnitude absolue -22,3, correspondant à une luminosité intrinsèque de 60 milliards de soleils, soit considérablement plus que les 300 millions mentionnés dans "The Messier Album" de Mallas/Kreimer.

M60 est remarquable dans les instruments à partir de 4 pouces (10cm) du fait de sa faible voisine, NGC4647, que l'on voit sur notre image. Cette disposition singulière a conduit Halton Arp à entrer M60 sous le No 116 dans son Catalogue des Galaxies Particulières avec la mention "Elliptique proche perturbant une spirale". 

M61

Galaxie Spirale M61 (NGC 4303), type SABbc, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 21,9 (h:m)
Déclinaison +04 : 28 (deg:m)

Distance 60 000 (kilo.al)

Magnitude 9,7 (visuelle)
Dimension apparente 6x5,5 (min. d'arc)


Découverte en 1779 par Barnabus Oriani.

M61 a été découverte par Barnabus Oriani le 5 mai 1779, alors qu'il suivait la comète de passage cette année-là, et ce, 6 jours avant que Charles Messier ne la trouve. En fait ce dernier l'avait observée le même jour qu'Oriani mais en la prenant, à 2 reprises, pour la comète jusqu'à ce qu'il réalise qu'elle ne bougeait pas. Comme dans un petit nombre d'autres cas, cette galaxie a été cataloguée sous le numéro H I.139 par William Herschel, suite à son observation du 17 avril 1786, alors qu'il évitait normalement de donner ses propres références aux objets de Messier.

C'est une des plus grandes galaxies de l'amas de la Vierge ; son diamètre de 6 minutes d'arc correspond à environ 100 000 années-lumière, comparable à celui de la Voie Lactée, et sa magnitude visuelle de 10 équivaut à une magnitude absolue de -21,2. 


M85


Galaxie Lenticulaire M85 (NGC 4382), type S0, dans la Chevelure de Bérénice

Ascension Droite 12 : 25,4 (h:m)
Déclinaison +18 : 11 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,1 (visuelle)
Dimension apparente 7,1x5,2 (min d'arc)


Découverte en 1781 par Pierre Méchain.

M85 est, dans le catalogue de Messier, le membre le plus septentrional de l'Amas de la Vierge , et se situe ainsi dans la constellation de la Chevelure de Bérénice. Elle a été découverte le 4 mars 1781 par Pierre Méchain. Son rapport incita Charles Messier à investiguer cet objet nébuleux et toute cette région du ciel. Finalement le 18 mars il entra M85 dans son catalogue, ainsi que sept autres galaxies découvertes par lui-même cette nuit-là, toutes membres de l'Amas de la Vierge, plus l'objet M92, un amas globulaire.

C'est une lumineuse galaxie lenticulaire (SO) qui, sur de nombreux points, semble être la jumelle de M84. Elle paraît uniquement composée d'une population de vieilles étoiles jaunes. Sur notre photo, la surface elliptique de M85 a un grand axe apparent de 4 à 5 minutes d'arc, mais avec des poses plus longues ses dimensions angulaires sont d'environ 7,1x5,2 minutes d'arc. Ceci implique que le disque lumineux de cette galaxie a un diamètre linéaire d'environ 125 000 années-lumière. 

M86


Galaxie Lenticulaire M86 (NGC 4406), type S0, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 26,2 (h:m)
Déclinaison +12 : 57 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 8,9 (visuelle)
Dimension apparente 7,5x5,5 (min d'arc)


Découverte en 1781 par Charles Messier.

La galaxie M86 a été découverte et cataloguée par Charles Messier le 18 mars1781 alors qu'il enregistrait sept autres objets nébuleux de la même région du ciel, tous des galaxies membres de l'Amas de la Vierge, plus M92, un amas globulaire.

Cette brillante galaxie géante est soit une elliptique de type E3, soit une lenticulaire de type SO_1(3) ; apparemment les critères modernes tendraient plus à la classer comme lenticulaire, tandis que le NED indique les deux classes. Elle présente un système remarquable de faibles amas globulaires, qui se laissent juste entrevoir sur son image DSSM. Mais ce système est de loin beaucoup moins fourni que celui de sa géante voisine, M87, située au SE. Plus bas et à gauche, se trouve un très petit et faible compagnon, une naine elliptique. Plusieurs condensations peuvent être remarquées autour de notre image de M86, particulièrement dans la partie basse, ainsi que sur la photo DSMM (mais alors sur le bord haut) ; ce pourrait être des amas globulaires appartenant à cette galaxie.

M86 se trouve au cœur de l'Amas de la Vierge et forme un groupe très remarquable avec une autre géante, M84. Tout en bas de notre image se trouve NGC 4402, une faible spirale (mag. 11,5) vue par la tranche. Tout ce groupe peut être mis dans un seul champ, même avec un grossissement moyen, de sorte qu'il est souvent photographié ; nous proposons donc ici d'autres images comprenant M84 et M86. Des clichés du groupe en haute résolution ont révélé que ces galaxies sont en fait beaucoup plus grandes que ne le laissent penser les images normales, comme celle présentée sur cette page. De plus, nous avons des photos couvrant toute la partie centrale de l'amas de la Vierge, c'est à dire M87 avec la chaîne de Markarian autour de M84 et M86.

De toutes les galaxies de Messier (et même de tous les Objets), M86 est celle possédant la plus grande vitesse de rapprochement, et donc le décalage vers le bleu le plus élevé : elle se rapproche de nous à 419 km/sec ! (Sky Catalogue 2000.0  ; le NED donne une valeur légèrement plus faible de 281 km/sec, soit juste après M90). Holmberg (1964) a donc émis l'hypothèse qu'elle pourrait être une galaxie de notre proche environnement et non un membre de l'Amas de la Vierge. Cette possibilité a été signalée, et dans certains cas adoptée, par différentes sources, dont George R. Kepple et Glen W. Sanner dans l' Observer's Guide. Cependant, le présent auteur partage les conclusions plus récentes, reprises notamment dans le Sky Catalogue 2000.0, le Nearby Galaxies Catalog de R. Brent Tully, l' Atlas Coeli de Becvar, et (implicitement) le Webb Society's Deep Sky Observer Handbook (qui cite cette galaxie dans la description de l'Amas de la Vierge), à savoir que c'est justement cette grande vitesse de rapprochement qui révèle son appartenance très probable à cet amas, et ce pour la raison suivante : dans le cas présent la vitesse élevée indiquerait que M86 se déplace avec une vitesse propre de plus de 1 500 km/sec, orientée par hasard dans notre direction. Mais ceci n'est pas rare dans les très grands amas de galaxies, comme celui de la Vierge, où l'énorme masse accumulée provoque un puissant champ gravitationnel. Ce dernier peut facilement accélérer une galaxie jusqu'à atteindre la vitesse observée pour M86 ; ce serait beaucoup plus difficile de trouver une explication à cette grande vitesse dans un champ galactique !

L'appartenance de M86 à l'amas de la Vierge est également suggérée par une plus ou moins évidente interaction avec la matière gazeuse intergalactique à l'intérieur de l'amas, phénomène qui serait apparu lors d'observations en radio et en rayonnement X, découvert par Forman et al. (1979) ; pour un compte-rendu récent voir par exemple Rangarajan et al. (1995). De plus, M86 ne détient pas le record de vitesse : un autre membre de l'amas, IC 3258, s'approche de nous à 517 km/sec. Dans notre page "les galaxies dans l'Amas de la Vierge" nous avons listé les membres qui s'approchent (ou s'éloignent) de nous le plus rapidement.

La traînée gazeuse de M86, en rayonnement X, apparaît parfaitement sur les images du Chandra X-ray Observatory.

D'autres éléments renforçant l'hypothèse de l'appartenance de M86 à l'amas de la Vierge peuvent être trouvés sur les clichés en haute définition de cette galaxie, qui montrent de légères perturbations des couches ténues de sa périphérie, probablement causées par une interaction gravitationnelle avec ses voisines.

Sur des images détaillées, comme celle reproduite ici, les zones périphériques de M84 et M86 semblent se superposer ; la distance angulaire entre leurs centres est d'environ 16,5 minutes d'arc, correspondant à une distance projetée de seulement 300 000 années-lumière. Mais ceci est probablement dû à un effet de perspective, sinon les distorsions seraient encore plus prononcées ; il y a très certainement un intervalle radial, ou une différence de distance entre ces deux galaxies et nous, bien que nous ne sachions pas laquelle est la plus proche ou la plus éloignée.

Par suite du rapide déplacement de M86 à travers le milieu intergalactique de l'Amas de la Vierge (Intra-Cluster Matter, ICM), la matière interstellaire entre en collision à grande vitesse avec ce milieu et est probablement arrachée de la galaxie sous l'"effet de jet" (pression dynamique) (Rangarajan et al. 1995). De ce fait la matière est chauffée. Les grains de poussière, précédemment maintenus à l'intérieur du gaz froid, sont alors détruits quand la matière monte en température pendant la collision. L'étude de la pression dynamique montre que, en plus de sa propre vitesse radiale par rapport à l'Amas de la Vierge, M86 peut aussi avoir une composante tangentielle d'environ 500 km/sec en direction du Sud.

M86, comme M84, peut être trouvée assez facilement, en pointant un instrument presque exactement à mi-distance entre Denebola (Beta Leonis) et Vindemiatrix (Epsilon Virginis). Les deux galaxies apparaîtront dans le même champ, avec un oculaire de faible ou moyenne puissance, et peuvent servir de point de départ pour observer l'Amas de la Vierge. Comme alternative on peut aussi chercher M84 et M86 depuis le "Big T", astérisme comprenant l'étoile 6 Comae Berenices et proche de M98, M99, et M100, à 1 degré au Sud et 1,5 degré à l'Est de l'étoile formant la pointe australe de cet astérisme. Enfin les deux galaxies peuvent également être localisées depuis M87, située à environ 1 degré au Sud-Est. 


M87


Galaxie Elliptique M87 (NGC 4486), type E1, dans la Vierge

Virgo A

Ascension Droite 12 : 30,8 (h:m)
Déclinaison +12 : 24 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 8,6 (visuelle)
Dimension apparente 7,0 (min d'arc)


Découverte en 1781 par Charles Messier.

La galaxie elliptique géante M87, également appelée Virgo A, est l'un des objets les plus remarquables du ciel. C'est peut-être la galaxie dominante du grand amas le plus proche de nous, le fameux Amas de la Vierge (quelquefois appelé "Amas Coma-Virgo", ce qui est plus juste, puisqu'elle s'étend aussi sur la constellation de la Chevelure de Bérénice) ; sa distance est celle de l'amas (environ 60 millions d'années-lumière). M87 se trouve en fait au cœur de l'Amas de la Vierge (en compagnie de bien d'autres galaxies, dont M84 et M86).

M87 a été découverte et cataloguée par Charles Messier le 18 mars 1781 avec 7 autres objets nébuleux dans la même région et d'ailleurs tous membres de l'Amas de la Vierge, plus l'objet M92, un amas globulaire.

Le diamètre apparent de M87, d'environ 7', correspond à une extension linéaire de 120 000 années-lumière, soit plus que le diamètre du disque de notre Voie-Lactée. Mais, comme M87 est de type E1 ou E0, elle occupe un volume beaucoup plus grand et contient donc beaucoup plus d'étoiles (et de masse) que notre galaxie, certainement plusieurs billions (10^12) de masses solaires (J.C. Brandt et R.G. Roosen ont estimé 2,7 billions). Elle est aussi extrêmement lumineuse, avec une magnitude absolue de -22.

Cette géante est située parmi plusieurs proches (ou apparentes) voisines, certaines d'entre elles étant probablement des satellites physiques, alors que d'autres peuvent sembler rapprochées uniquement par effet de projection. Les plus brillantes de ces galaxies naines sont : NGC 4476, NGC 4478, NGC 4486A, et NGC 4486B.

Sur des plaques photographiques à haute résolution, David Malin de l' Anglo-Australian Observatory a trouvé que M87 s'étend vraiment très loin ; son aspect général n'est plus circulaire mais significativement allongé, et la galaxie entière s'étend sur plus d'un demi-degré, plus que le diamètre de la Pleine Lune. A la distance de 60 millions d'années-lumière, ceci correspond à une extension linéaire de plus d'un demi-million d'années-lumière. Ses couches externes apparaissent notablement déformées, très probablement par interaction gravitationnelle avec d'autres membres de l'Amas de la Vierge et aussi parce qu'elles contiennent de la matière de galaxies déchiquetées suite à des passages rapprochés.

M87 est fameuse pour deux caractéristiques particulières, et peut-être uniques : un énorme système d'amas globulaires découvert sur des clichés à longue pose (comme notre image), et un jet spectaculaire que l'on distingue mieux sur une photographie à courte exposition. Nous avons aussi un montage d'une image montrant les amas globulaires sur l'image principale et le jet dans un petit encart.

Cette magnifique galaxie est peut-être celle qui possède le plus d'amas globulaires reconnus. Alors que notre Voie Lactée contient le nombre modeste d'environ 150 à 200 amas, pour M87 on parle d'un système remarquable de plusieurs milliers de ces objets : les estimations basses, dont celles résultant de l'étude réalisée en 1976 et citée par Burnham, avancent le chiffre d'au moins 4 000, tandis que des valeurs plus récentes approchent les 15 000 (comme par exemple la Globular Cluster Systems list deW.E. Harris qui en contient 13 000), entourant cette galaxie géante dans un halo remarquable. Les nombreux amas globulaires satellites de M87 peuvent être vus sur cette image, ainsi que dans les images AAT de M87. La photo de cette page, prise avec ce télescope, est aussi de David Malin et est propriété de l'Anglo-Australian Observatory.
D'autres informations sur cette image sont également disponibles.

La fonction de luminosité (qui décrit le pourcentage des amas globulaires dans certains intervalles de luminosité) a été utilisée systématiquement dans le passé pour évaluer la distance de M87 ; plus récemment, une autre estimation a été obtenue par B.C. Whitmore, W.B. Sparks, R.A. Lucas, F.D. Macchetto, et J.A. Biretta (ApJ 454, L73 [Dec 1, 1995]) à partir d'observations du HST. Ils ont abouti à une distance d'environ 55 millions d'années-lumière, en bon accord avec les 56 millions trouvés pour M100 par l'observation des Céphéides (compte tenu des résultats d'Hipparcos en 1997, on arrive à environ 60 millions d'années-lumière). Mais le problème fondamental concernant cette mesure reste que nous ne savons pas si la fonction de luminosité des amas globulaires de M87 est réellement la même que celle des galaxies spirales comme notre Voie Lactée ou la galaxie d'Andromède M31.

L'énorme jet a été découvert par H.D. Curtis de l'Observatoire de Lick en 1918. Le phénomène s'étend sur des milliers d'années-lumière (certaines sources avancent 5 000, mais ce pourrait être plus, car elles se réfèrent souvent à une distance trop faible pour cette galaxie ; le présent auteur estime que 7 à 8 000 serait une valeur plus probable). Le jet est composé de matière sous forme gazeuse éjectée depuis le cœur de la galaxie. Des mesures polarimétriques ont montré que sa lumière est fortement polarisée avec les caractéristiques du rayonnement synchrotron. Son spectre, continu, apparaît bleu sur les photos en couleur à faible temps d'exposition (comme celle de J.D. Wray's Color Atlas of Galaxies). C'est un phénomène violent et turbulent ; des observations ont montré que le mouvement apparent des nuages de gaz pouvait être superluminique (mais probablement une illusion due au fait que le jet est dirigé vers nous).

De magnifiques détails du Jet de M87 peuvent être vus sur cette image HST, traitée par R. Mark Elowitz. A l'évidence il peut être résolu en un filament de petits nœuds et de nuages, particularité découverte en 1977 par H.C. Arp du Mt. Palomar et J. Lorre du JPL (selon Burnham). Plus récemment, en 1966, Arp a découvert un second jet, dirigé à l'opposé du premier, mais nettement moins visible. Du fait de la présence de ce jet, H.C. Arp a inclus M87 sous le No. 152 dans son Catalogue of Peculiar Galaxies.

M87 a aussi été reconnue comme étant la puissante radio source Virgo A (et la plus brillante radio source de la constellation de la Vierge), par W. Baade et R. Minkowski en 1954. En 1956, un halo radio, plus faible, a été trouvé par J.E. Baldwin et F.G. Smith de Cambridge. Il fut aussi identifié comme une puissante source de rayonnement X et se situe près du centre d'un nuage très chaud, émetteur de rayons X, s'étendant bien au-delà de l'amas de la Vierge. Il est intéressant de comparer les images optiques et en rayonnement-X de M87 et son environnement dans l'amas de la Vierge, ou de la totalité de la partie centrale de la Vierge.

Il est certain qu'un objet aussi intéressant que M87 est sous observation intensive à l'aide du Télescope Spatial Hubble. Même avant sa remise à niveau en décembre 1993, les premières observations du HST avaient mis en lumière de nouveaux détails, spécialement dans le jet de M87. Dans les nouvelles images HST de M87, après la mission de réparation, la violente activité du noyau de cette galaxie pouvait être aperçue de nettement plus près, pour révéler un objet sombre et massif, d'environ 2 à 3 milliards de masses solaires, concentrées dans la sphère la plus intérieure avec un rayon de 60 années-lumière. Cet objet est entouré d'un disque d'accrétion gazeux en rotation rapide. Ce gaz peut faire partie d'un système plus étendu de matière interstellaire, détecté aux environs de 1990 au moyen d'un interféromètre de Fabry-Perot, par des astronomes de l'observatoire de Calar Alto.

La seule supernova cataloguée dans M87 est apparue en février 1919, mais ne fut pas détectée avant 1922 sur des plaques photographiques, par I. Balanowski, qui estima sa brillance maximum à 11,5. A cette distance, ceci correspond à une magnitude absolue proche de -20. 

M88


Galaxie Spirale M88 (NGC 4501), type Sc, dans la Chevelure de Bérénice

Ascension Droite 12 : 32,0 (h:m)
Déclinaison +14 : 25 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,6 (visuelle)
Dimension apparente 7x4 (min d'arc)


Découverte en 1781 par Charles Messier.

M88 est l'une des huit galaxies trouvées le 18 mars 1781 par Charles Messier dans la région Coma-Virgo et décrite par lui comme "nébuleuse sans étoile, ... sa lumière est l'une des plus faibles", "elle ressemble ... au No 58". Lors de cette nuit particulièrement féconde en découvertes, Messier trouva aussi l'amas globulaire M92, ce qui porte à 9 le total des objets catalogués ce jour-là.

M88 est parmi les premières galaxies reconnues comme spirales, et citée par Lord Rosse comme l'une des 14 "nébuleuses spirales" découvertes en 1850.

Cette brillante galaxie, membre de l'Amas de la Vierge, est bien symétrique et de type à bras multiples. Comme son plan équatorial est incliné d'environ 30 degrés par rapport à la ligne de visée, son apparence est un peu celle de la galaxie d'Andromède M31, et son contour forme une ellipse allongée de dimension angulaire entre 7x4 et 8x3 minutes d'arc, selon différentes sources, correspondant à un diamètre linéaire d'environ 130 000 années-lumière. C'est une des galaxies les plus attrayantes de l'Amas de la Vierge pour une observation avec de petits instruments !

Cette galaxie est aussi l'un des membres ayant, comme particularité, une vitesse d'éloignement considérable, estimée à 2 000 km/sec. 

M89

 Messier 89Galaxie Elliptique M89 (NGC 4552), type E0, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 35,7 (h:m)
Déclinaison +12 : 33 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,8 (visuelle)
Dimension apparente 4,0 (min d'arc)


Découverte en 1781 par Charles Messier.

M89 est encore une galaxie membre de l'Amas de la Vierge, et l'une des découvertes personnelles de Charles Messier. Il l'entra dans son catalogue le 18 mars 1781 avec sept autres galaxies trouvées cette même nuit, qui fut pour lui la plus fructueuse, dans la région Coma-Virgo (c'est à dire qu'elles sont membres de l'Amas de la Vierge), plus l'Amas Globulaire M92.

Elle est de type elliptique, presque parfaitement circulaire et semble finement texturée. Que sa forme soit réellement globulaire, ou bien celle d'un sphéroïde "oblate" ou "prolate", avec son axe de rotation dirigé vers nous, est un point qui ne peut pas être tranché actuellement, comme Kenneth Glyn Jones le fait remarquer. 

M90


Galaxie Spirale M90 (NGC 4569), type Sb, dans la Vierge

Ascension Droite 12 : 36,8 (h:m)
Déclinaison +13 : 10 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,5 (visuelle)
Dimension apparente 9,5x4,5 (min d'arc)


Découverte en 1781 par Charles Messier.

La galaxie spirale M90 est l'une des huit autres trouvées et cataloguées le 18 mars 1781 par Charles Messier dans la région Coma-Virgo , en plus de M92 (un amas globulaire dans Hercule), pour atteindre le score de neuf nouveaux objets répertoriés en un seul jour.

M90 est l'une des plus grandes galaxies spirales (9,5'x4,5') de l'Amas de la Vierge. Elle a des bras spiraux enroulés serrés et uniformément brillants, qui paraissent complètement "fossilisés", en ce sens qu'actuellement aucune formation d'étoiles ne semble y être en cours, à la seule exception de la région intérieure du disque, près des raies sombres de poussière. J.D. Wray a émis l'hypothèse que cette galaxie serait en train d'évoluer vers un état similaire à celui de M64, puis en un système lenticulaire (S0).

Bien que M90 soit une grande et remarquable galaxie, Holmberg a trouvé une valeur plutôt faible pour sa masse, ce qui implique qu'elle serait de très faible densité. 

M99


Galaxie Spirale M99 (NGC 4254), type Sc, dans la Chevelure de Bérénice

Ascension Droite 12 : 18,8 (h:m)
Déclinaison +14 : 25 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,9 (visuelle)
Dimension apparente 5,4x4,8 (min d'arc)


Découverte par Pierre Méchain en 1781.

M99 a été trouvée le 15 mars 1781, en même temps que M98 et M100, par Pierre Méchain, collègue et ami de Charles Messier. Ce dernier détermina sa position et l'ajouta à son catalogue le 13 avril, juste avant de terminer sa troisième et dernière édition.

Bien que située dans la constellation de la Chevelure de Bérénice, M99 est une des brillantes galaxies spirales de l'Amas de la Vierge. Elle est de type Sc, tourne dans le sens des aiguilles d'une montre (contrairement à sa voisine M100), et est asymétrique, ce qui n'est pas courant, avec le noyau décalé à la limite haute de notre image. Le présent auteur suppose que cette asymétrie pourrait être due à une rencontre relativement récente avec d'autres membres de l'Amas de la Vierge, une hypothèse qui peut être confortée par le fait que sa vitesse de récession est plutôt élevée pour un membre de cet Amas : 2 324 km/sec selon le Sky Catalogue 2000.0, soit la plus grande vitesse de récession mesurée pour une galaxie de Messier (et d'ailleurs pour tous les objets du catalogue). Cela signifie qu'elle se déplace à l'intérieur de l'Amas de la Vierge à une vitesse propre considérable d'au moins 1 200 km/sec et, par un effet du hasard, dans la direction opposée à la nôtre. 

M100


Galaxie Spirale M100 (NGC 4321), type Sc, dans la Chevelure de Bérénice

Ascension Droite 12 : 22,9 (h:m)
Déclinaison +15 : 49 (deg:m)
Distance 60 000 (kilo.al)
Magnitude 9,3 (visuelle)
Dimension apparente 7x6 (min d'arc)


Découverte par Pierre Méchain en 1781.

M100 a été trouvée le 15 mars 1781, en même temps que ses voisines apparentes M98 et M99, par Pierre Méchain, collègue et ami de Charles Messier. Ce dernier détermina sa position et l'ajouta à son catalogue le 13 avril, juste avant de terminer sa troisième et dernière édition.

La galaxie M100 est l'un des membres les plus brillants de l'Amas de la Vierge.

Comme notre Voie Lactée, M100 est une spirale, vue presque de face depuis la Terre. Elle fait partie des premières galaxies spirales découvertes, et de ce fait elle est citée par Lord Rosse comme l'une des 14 "Nébuleuses Spirales" reconnues avant 1850. Cette galaxie a deux bras proéminents de brillantes étoiles bleues et plusieurs bras plus faibles. Les étoiles bleues sont jeunes, chaudes et massives, récemment formées à partir des fluctuations de densité provoquées par les interactions avec les galaxies voisines, lesquelles se trouvent juste à l'extérieur de notre image. Malgré sa forme presque parfaitement équilibrée, cette galaxie apparaît légèrement asymétrique, du fait de la formation de jeunes étoiles plus nombreuses (ou plus brillantes) sur le côté Sud du noyau (vers le bas). 

M104

Galaxie du Sombrero

Ascension Droite 12 : 40,0 (h:m)
Déclinaison -11 : 37 (deg:m)
Distance 50 000 (kilo.al)
Magnitude 8,0 (visuelle)
Dimension apparente 9x4 (min d'arc)


Découvert par Pierre Méchain en 1781.

M104 est numériquement le premier objet ne faisant pas partie de la première édition du catalogue de Messier. Cependant, Charles Messier l'ajouta à la main dans sa copie personnelle le 11 mai 1781, et le décrivit comme "une très faible nébuleuse". Ce fut Camille Flammarion qui remarqua la similitude de position entre cet objet et celui de Herschel, H I.43, la galaxie du Sombrero, et l'ajouta à la liste officielle de Messier en 1921. Cet objet est mentionné également par Pierre Méchain comme sa découverte dans sa lettre du 6 mai 1783. William Herschel le trouva indépendamment le 9 Mai 1784.

Cette brillante galaxie doit ce nom de Sombrero à son apparence. Selon de Vaucouleurs, nous la voyons depuis juste 6 degrés au Sud de son plan équatorial, matérialisé par une épaisse couronne sombre de poussière opaque. Cette caractéristique fut probablement la première découverte de William Herschel avec son grand télescope.

M104 est de type Sa-Sb, avec à la fois un gros noyau brillant et, comme on peut le voir sur des clichés à courte pose, des bras spiraux bien caractérisés. Elle a aussi un bulbe anormalement prononcé avec un système étendu et richement fourni en amas globulaires : on peut en compter plusieurs centaines sur des photos longuement exposées avec de puissants télescopes.

De récents clichés, de haute définition, réalisés à l'Observatoire Anglo-Australien montrent que cette galaxie possède un faible halo très étendu.

Cette galaxie fut la première sur laquelle fut mis en évidence un fort décalage vers le rouge (redshift), par Vesto M. Slipher à l'Observatoire de Lowell en 1912. Ce décalage (provoqué par l'effet Hubble, c'est à dire l'expansion de l'univers) correspond à une vitesse de récession d'environ 1 000 km/sec, trop élevée pour que le Sombrero soit un objet de notre Voie Lactée. Slipher détecta aussi le mouvement de rotation de la galaxie (alors appelée nébuleuse).

M104 est le membre dominant du petit groupe de galaxies appelé groupe de M104 ou de NGC 4594. 

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